QU’EST-CE QUE LE DÔME DES INVALIDES ?

L’hôtel des Invalides aurait pu ne comprendre que ces diverses constructions et tenir une place honorable dans l’histoire de Paris. Mais, à partir de 1679, on éleva à la suite de l’église des Soldats une église consacrée à Saint Louis, qui compte parmi les créations les plus heureuses de l’art français.Son architecte Hardouin-Mansart avait même songé à entourer sa façade de deux portiques en demi-cercle, terminés par des pavillons d’angle, qui eussent rappelé les colonnades de Saint-Pierre de Rome. Il est regrettable que cet ambitieux projet ait été abandonné. Il n’y a rien, dans toute l’architecture classique, qui soit d’une beauté aussi harmonieuse que l’élévation extérieure de cette église, réalisation décisive des efforts entrepris par les architectes de la Sorbonne et du Val-de-Grâce. La façade, dont la plupart des éléments décoratifs ont disparu, est formée à sa partie inférieure de deux ordres dorique et corinthien superposés, et surmontés d’un fronton triangulaire. Des triglyphes et des métopes sculptés avec soin, des statues de Charlemagne et de Saint-Louis par Coysevox et Nicolas Coustou décorent l’étage dorique. L’étage corinthien est orné de beaux trophées et de quatre statues allégoriques. Trois grandes baies s’ouvrent dans chacun de ces deux étages surmontés d’une balustrade pleine.

Analyse du dôme

Le dôme se dresse au-dessus de ce soubassement, sans que les ailerons ou de clochetons d’angle assurent la liaison avec les étages inférieurs. Ce désir d’unité et de simplicité accroît encore la grandiose majesté du dôme, constitué par un étage corinthien à larges fenêtres, flanqué de massifs en saillie, sur lesquels retombent les ailerons maintenant un attique orné d’une balustrade et de fenêtres en plein centre. Au-dessus de ces deux étages, entre des pots à feu, l’armature même du dôme est constituée par douze compartiments dorés et décorés de trophées dans lesquels se dissimulent des lucarnes. L’ensemble est dominé par un lanternon et une pyramide surmontée d’une croix. Il faut comparer le dôme des Invalides à ceux de la première moitié du XVIIème siècle pour apprécier le génie des constructeurs. Il n’y a plus rien dans cette façade qui sente l’indécision, le tâtonnement, l’effort. Tout y est disposé selon les principes d’une habileté ainsi que d’un art suprême. De l’union parfaite de ces ordres de pierre et de cette coupole dorée se dégage, triomphante, l’image de la beauté classique et aussi de la beauté éternelle.

Description intérieure de l’église

A l’intérieur, l’église, où règne l’ordre corinthien, a la forme d’une croix grecque, mais ses quatre bras communiquent avec quatre chapelles intermédiaires, rondes et à coupoles. Un tel soin a été apporté à la décoration des moindres détails qu’il faudrait étudier chaque partie de l’édifice pour bien en comprendre la valeur. L’ornementation de l’église diffère pourtant de celle de Saint-Pierre-Saint-Louis ou du Val-de-Grâce, car les peintres ont pris partout le pas sur les sculpteurs : c’est le signe d’une évolution. Les pendentifs de la coupole sont peints (Les Evangélistes). La coupole elle-même s’orne de figures de saints de Jouvenet, puis d’une immense composition de Lafosse représentant saint Louis remettant son épée à Jésus-Christ. La voûte du chœur est décorée par Coypel. Les coupoles des chapelles secondaires sont encore décorées de scènes peintes. Dans cette église, où la religion semble si lointaine, s’annonce déjà l’art de la Régence et du règne de Louis XV qui proscrira les sculptures des salons les plus somptueux pour laisser à des peintres délicats toute licence d’embellir dessus de portes, de cheminées ou de miroirs.

Pour les billets d’entrée, n’hésitez pas à venir nous voir à la réception.

Bus
28, 63, 69, 83 et 93

Metro
Ligne 8 – Invalides (3 stations depuis l’hôtel Tourisme Avenue)
Ligne 13 – Invalides
RER C – Invalides

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